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Une aventure quotidienne

25 novembre. J’accompagne dans sa journée de travail Denis Boisclair, technicien forestier au ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs. De façon générale, Denis et plusieurs de ses collègues s’occupent d’inventorier les peuplements forestiers pour rendre possible la planification de l’aménagement. Denis est en forêt à l’année longue. Il passe environ quatre jours par semaine sur le terrain et une journée au bureau. Il parcourt le territoire en camion, en VTT, en motoneige, à pied, en raquette, parfois même en canot et en hélicoptère.

Rendez-vous au bureau à  7 h du matin. Ça prend les cartes des terrains où on va et on doit aussi les entrer dans le GPS avant de partir. Il faut inscrire les renseignements concernant notre sortie dans le grand tableau à l’entrée : noms, véhicule, secteur où l’on se rend, heure prévue de retour, … En plus il faut se rapporter à un moment précis de la journée, et même à deux reprises si on est seul. Le camion est équipé d’un système radio et on a un téléphone satellite sur nous. Ainsi, s’il nous arrive quelque chose et que le bureau n’a pas de nouvelles, une équipe partira à notre recherche. Cet aspect sécurité est très important car on se retrouve souvent loin de tout.

On prend un chemin forestier peu après le km 76 de la Toulnustouc. Après quelques fourches on arrive au lac 3,1416 – c’est son nom! Aujourd’hui on va faire des  PO (points d’observation) dans un secteur où on prévoit de la récolte. Il faut déterminer si la CPPTM (coupe avec protection des petites tiges marchandes) est le bon traitement à appliquer. Les PTM (petites tiges marchandes) mesurent 10, 12 ou 14 cm au DHP (diamètre à hauteur de poitrine). L’aménagement forestier a son vocabulaire à intégrer. Mais pas besoin de mesurer, Denis voit tout ça d’un seul coup d’œil!

On marche 180 mètres pour arriver au PO 2342. Là on observe et on remplit un formulaire avec diverses données : les espèces d’arbres dominantes, la densité et la hauteur du peuplement, la présence de trouées, l’obstruction par les branches, les gaules (4, 6, 8 cm au DHP), le DHP moyen, la structure verticale, etc. Marcher ensuite 200 m pour arriver au PO 2302. Remplir le formulaire. De temps en temps identifier un ruisseau comme permanent ou intermittent. Et ainsi de suite… À la fin de la journée, on aura fait en moyenne 14 PO et marché un parcours de quelques kilomètres. C’est un métier qui tient en forme.

Il fait -8°C, un peu de neige craquante sous les bottes, soleil et nuages. La météo ne manque pas de poésie aujourd’hui. L’air humide se condense, descend du ciel en particules glacées et se dépose en magnifiques cristaux au sol et sur les plantes. Celles-ci sont des mousses de sphaignes et d’hypnes, des lycopodes, du kalmia, sans oublier le thé du Labrador duquel émane une bonne odeur. Nous avons croisé des perdrix et des geais gris, nous avons entendu un grand pic percuter un tronc, nous avons vu des traces d’écureuil, de renard, d’orignal et le croirez-vous, les pistes de toute une meute de loups. C’est aussi un métier qui permet de profiter de la nature et de voir passer les saisons.

Avis aux intéressés, plusieurs postes de techniciens forestiers seront disponibles au Ministère dans les prochaines années en raison des départs à la retraite. Il n’en tient qu’à vous de vivre tous les jours cette aventure.

Marie-Eve Gélinas

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